Mâles en péril

Le colloque européen “Environnement chimique, fertilité et développement de l’enfant” s’ouvrait aujourd’hui au ministère de l’écologie. En écho à cette journée, Arte a choisi de présenter en prime time le documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade: “Mâles en péril”.

En 50 ans, la production de spermatozoïdes chez l’homme a diminué de moitié, le nombre de cancers des testicules doublé tandis que se multiplient les malformations génitales chez les petits garçons. Enquêtant sur cette évolution troublante, “Mâles en péril” pointe la responsabilité des 85.000 molécules mises sur le marché par l’industrie chimique.

“Nous sommes en permanence soumis à une vaste expérimentation”, prévient dans le film, une chercheuse danoise qui incrimine non pas une molécule, mais l’effet combiné de plusieurs substances, jamais mesuré. Les deux auteurs, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, ont fait le tour des laboratoires de recherches européens, principalement danois et américains qui, les premiers, ont mis en lumière puis confirmé la perturbation des appareils reproducteurs masculins. Pour le professeur danois Niels Skakkebaek, directeur de recherches à l’hôpital universitaire de Copenhague, ce phénomène est “potentiellement aussi grave que le changement climatique”.

En 1992, l’étude de ce pionnier constatant la division par deux du nombre de spermatozoïdes chez les jeunes Danois est accueillie par de violentes critiques, l’industrie monte au front. Mais la biologiste américaine Pr Shanna Swan, mandatée par l’Académie des Sciences des Etats-Unis la confirme, puis le Pr Pierre Jouannet, de l’hôpital Cochin à Paris.”Dans cette histoire, on a un faisceau d’arguments qui convergent: la corrélation entre l’altération de la fertilité et l’exposition aux perturbateurs endocriniens”, explique le Pr René Habert, de l’Université Paris-Diderot. Avec l’INSERM, il vient de démontrer pour la première fois sur l’homme, l’impact direct des phtalates sur l’appareil reproducteur masculin. Or les phtalates sont omniprésents dans l’environnement moderne, notamment dans les cosmétiques conventionnels tout comme les retardateurs de flammes, les PCB ou les pesticides, mis sur le marché par l’industrie chimique.

Pour le Pr Habert, il s’agit là “d’un problème majeur: on pourra toujours faire des bébés, mais en recourant de plus en plus à la procréation assistée”. Ce qui est déjà, en Europe, le cas d’un couple sur huit.

Dans ce documentaire, dont voici un extrait, les deux réalisateurs livrent une enquête édifiante sur tous ces phénomènes inquiétants. Une véritable investigation scientifique … qui, j’espère, engendrera débats et surtout actions car il est urgent d’agir, ne serait-ce qu’au nom du principe de précaution. Pourquoi attendre toujours encore plus de preuves. On a aujourd’hui, avec les phtalates, les parabens, le phénoxyéthanol… suffisamment d’arguments pour appeler, au minimum, à la vigilance.

Nouveau scandale sanitaire : « Mâles en péril » 4envoyé par arte


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Un commentaire pour “Mâles en péril”

  1. Chris d'Ego dit :

    Un sujet grave…on lie souvent les problèmes de précréation aux âges plus avancés des couples mettant en route le 1er bébé, au stress…mais rares sont les fois où l’aspect sanitaire est évoqué.

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